Port-au-Prince, Dimanche 6 avril 2025 – Le Président dominicain Luis Abinader a annoncé, dimanche 6 avril 2025, le déploiement de 1 500 soldats supplémentaires le long de la frontière haïtiano-dominicaine, sous couvert de lutte contre l’immigration irrégulière et le trafic. Mais derrière ces justifications sécuritaires se cache une véritable velléité d’occupation militaire progressive, alimentée par l’incapacité chronique des dirigeants haïtiens à stabiliser le pays.
Sous le discours officiel de “protection des frontières”, la République dominicaine renforce son emprise sur des zones frontalières disputées, profitant du chaos haïtien pour imposer ses conditions. Les marchés binationaux, vitaux pour les populations frontalières, seront désormais soumis à de nouvelles règles unilatérales décidées par Saint-Domingue, asphyxiant encore davantage l’économie informelle haïtienne.
Pire, la prétendue “dominicanisation” des emplois, avec des augmentations salariales ciblées (25% dans les zones franches, 30% dans le tourisme), vise clairement à évincer les travailleurs haïtiens, pourtant indispensables à ces secteurs. Cette politique discriminatoire s’accompagne d’un plan de mécanisation de l’agriculture et de la construction, excluant délibérément des milliers d’Haïtiens condamnés à la précarité.
Face à cette offensive, le silence des autorités haïtiennes est assourdissant. Alors que la souveraineté nationale est bafouée, le gouvernement haïtien, empêtré dans ses crises politiques et sa collusion avec les gangs, n’a aucune stratégie pour défendre les intérêts du peuple.
La société civile, les élites économiques et l’intelligentsia haïtiennes doivent sortir de leur léthargie. Combien de temps encore assisterons-nous, passifs, à l’humiliation d’une nation autrefois fière et indépendante ? Les discours creux et les luttes de pouvoir ne masqueront plus l’urgence : Haïti a besoin d’un sursaut collectif.
Il est temps que Les politiciens mettent fin à leurs calculs égoïstes et unissent leurs forces pour un projet de gouvernance crédible. Que les entrepreneurs et économistes, investissent dans des solutions locales, plutôt que de profiter du désordre. Que les intellectuels et médias brisent l’omerta et tiennent les dirigeants redevables. Que la diaspora utilise son influence pour exiger des actions concrètes.
Si rien ne change, la République dominicaine, et d’autres acteurs étrangers, continueront à dépecer méthodiquement ce qui reste de la souveraineté haïtienne. La militarisation frontalière n’est qu’un premier pas.
Haïti n’a plus le choix : soit elle se relève, soit elle disparaît.
Jean Wesley Pierre

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