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Lors de la session du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations-Unies (ONU) tenue le lundi 21 avril 2025, la Chine a accusé les États-Unis d’être en partie responsables de la recrudescence de l’insécurité en Haïti. Elle a saisi l’occasion pour dénoncer ce qu’elle qualifie d’hypocrisie américaine, évoquant notamment l’imposition récente d’un tarif douanier de 10 % sur un pays déjà en pleine détresse.

Pékin a également critiqué le soutien de Washington au Conseil présidentiel de transition, une instance rejetée par une grande partie de la population haïtienne. Pendant que l’insécurité continue de s’aggraver, la Chine appelle à une approche régionale impliquant les États de la Caraïbe, estimant qu’ils sont mieux placés que les États-Unis pour résoudre la crise.

La délégation chinoise a également dénoncé ce qu’elle considère comme une ingérence américaine, notamment depuis l’installation controversée d’un nouveau gouvernement l’année dernière. Elle a souligné l’échec de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS) dirigée par le Kenya, qui peine à remplir son mandat.

Parallèlement, la représentante spéciale de l’ONU en Haïti, María Isabel Salvador, a tiré la sonnette d’alarme devant le Conseil de sécurité, estimant que le pays est proche du point de non-retour et risque de sombrer dans un chaos total face à la puissance grandissante des gangs armés. Elle a rappelé que plusieurs milliers de personnes ont fui leurs foyers, que des centaines de morts sont déjà à déplorer, et que de nombreuses institutions publiques et privées ont été incendiées à Port-au-Prince et dans les zones rurales.

« Les efforts du gouvernement haïtien seuls ne suffiront pas à endiguer la violence des groupes criminels », a-t-elle averti, appelant à un soutien international accru, notamment à travers un financement renforcé et une capacité opérationnelle élargie pour la MMAS. « Ce n’est pas un choix, mais une nécessité, car il n’existe aucune alternative viable », a-t-elle affirmé.

De son côté, le délégué haïtien Eriq Pierre a dressé un constat alarmant : « La République d’Haïti est en train de mourir à petit feu, sous l’action combinée des gangs armés, des narcotrafiquants et des trafiquants d’armes ». Il a lancé un appel à des actions concrètes : « Aux grands maux, les grands remèdes ».

Le représentant de la République dominicaine a, quant à lui, plaidé en faveur de la mise en place d’une mission dotée d’un mandat offensif : « C’est le moment décisif pour une action coordonnée et une responsabilité partagée ». Cela souligne la gravité de la situation en Haïti et la nécessité d’une réponse ferme contre les gangs.

Il convient de rappeler que le président Emmanuel Macron a annoncé, le 17 avril dernier, son soutien à une transition vers une opération de maintien de la paix, se démarquant ainsi de la position de certains autres représentants lors de cette session du Conseil de sécurité.

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Catégories : Atualités

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