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Par la rédaction de Lawouze Infos – 11 octobre 2025

Le conseiller-président Emmanuel Vertilaire, représentant du parti Pitit Dessalines au sein du Conseil présidentiel de transition (CPT), a déclaré que le mandat de l’actuel exécutif prendra fin le 7 février 2026, conformément à l’échéancier initialement fixé. Invité de l’émission Le Rendez-Vous sur Gazette Haïti, ce vendredi 10 octobre, Vertilaire a assuré que le CPT « n’est pas intéressé à rester au pouvoir au-delà de cette date », tout en soulignant la nécessité d’un dialogue inclusif pour préparer la suite de la transition.

Un message de clarification politique

Dans un contexte de forte incertitude sur la durée de la transition, Emmanuel Vertilaire a tenu à préciser la position du Conseil présidentiel. « Nous reconnaissons que notre mandat prendra fin le 7 février 2026 », a-t-il déclaré, rappelant que cette échéance marque la limite politique et morale de la mission confiée au CPT.

Selon lui, il reviendra aux secteurs ayant participé à la création du Conseil partis politiques, société civile, organisations sociales ainsi qu’à la communauté internationale, partenaire du processus, de décider de la configuration institutionnelle qui prendra le relais à cette date.

« C’est pour cela d’ailleurs que le CPT a entamé le dialogue avec les acteurs politiques », a expliqué le conseiller, évoquant les discussions déjà engagées pour définir une transition démocratique ordonnée à l’approche de la fin du mandat.

Reconnaissance des échecs face à l’insécurité

Emmanuel Vertilaire a également reconnu les limites du CPT dans la lutte contre l’insécurité, admettant que la situation demeure critique malgré les efforts des autorités.

Il a toutefois pointé du doigt la responsabilité partagée de la communauté internationale, accusée de ne pas avoir respecté ses engagements en matière de soutien logistique et financier à la sécurité nationale.

Selon Vertilaire, la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS) n’a toujours pas atteint la moitié de son effectif prévu, et plusieurs promesses de financement annoncées par les partenaires étrangers n’ont pas été concrétisées.

« On nous avait promis un véritable appui aux forces de sécurité nationales, mais les engagements n’ont pas été tenus », a-t-il souligné, déplorant un déséquilibre entre les attentes haïtiennes et la réalité de la coopération internationale.

Un appel à la responsabilité collective

Ces déclarations interviennent alors que le CPT tente de réaffirmer sa légitimité dans un climat politique tendu, marqué par la défiance d’une partie de la population et les incertitudes entourant l’organisation d’élections.

En insistant sur la date du 7 février 2026 comme terme de la transition, Emmanuel Vertilaire envoie un message à la fois de fermeté et de prudence : le Conseil n’entend pas prolonger son mandat, mais appelle les acteurs politiques et les partenaires internationaux à assumer leur rôle dans la continuité institutionnelle.

Pour l’heure, le dialogue engagé reste fragile. Entre scepticisme interne, lenteur des réformes et promesses internationales non tenues, la transition haïtienne demeure suspendue à une équation politique et sécuritaire toujours difficile à résoudre.


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