Lawouze Info

1767317017421.jpg

Par la rédaction de Lawouze Infos

Port-au-Prince, 1er janvier 2026 —
Le Conseil présidentiel de transition (CPT) a célébré, ce 1er janvier 2026 à la Villa d’Accueil, le 222ᵉ anniversaire de l’Indépendance d’Haïti, lors d’une cérémonie officielle marquée par un fort déploiement institutionnel et un discours résolument axé sur l’héritage historique, la sécurité et la perspective électorale.

La cérémonie s’est déroulée en présence du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, de plusieurs membres du gouvernement, du commandant en chef des Forces armées d’Haïti, Derby Guerrier, du directeur général de la Police nationale d’Haïti, André Jonas Vladimir Paraison, du président de la Cour de cassation, Jean-Joseph Lebrun, ainsi que de représentants du corps diplomatique et de hauts responsables de l’État. Une mise en scène solennelle qui visait à réaffirmer la continuité de l’État dans un contexte de transition politique prolongée et de crise multidimensionnelle.

Dans son allocution, le président du CPT, Laurent Saint-Cyr, a rappelé que la commémoration de l’Indépendance constitue avant tout un rappel des sacrifices consentis par le peuple haïtien pour briser les chaînes de l’esclavage. Rendant un hommage appuyé à Jean-Jacques Dessalines, aux héros et héroïnes de 1804, il a insisté sur la liberté et la dignité comme fondements non négociables de la nation haïtienne. Pour le coordonnateur du Conseil, l’Indépendance n’a jamais été le fruit du hasard, mais le résultat d’un choix conscient pour la souveraineté et l’honneur collectif.

Au-delà de la dimension mémorielle, le discours présidentiel s’est voulu résolument politique. Laurent Saint-Cyr a souligné que l’Indépendance ne devait pas être perçue uniquement comme un héritage symbolique, mais comme une responsabilité collective à assumer dans le présent. « Nous pouvons refaire l’histoire encore », a-t-il affirmé, dans une formule qui se veut mobilisatrice mais qui pose aussi la question des moyens concrets de cette refondation nationale.

La question sécuritaire a occupé une place centrale dans les déclarations du chef du CPT. Il a mis en avant les efforts en cours de l’État pour « libérer le pays des griffes des groupes armés », condition jugée indispensable au rétablissement de la stabilité et à l’organisation d’élections crédibles. Cette insistance traduit à la fois la reconnaissance implicite de l’ampleur de la crise sécuritaire et la volonté des autorités de lier leur légitimité future à la tenue d’un scrutin jugé acceptable par la communauté nationale et internationale.

Dans cette perspective, Laurent Saint-Cyr a lancé un appel solennel à l’unité, au dialogue politique et au sens des responsabilités de l’ensemble des forces vives du pays. À l’approche du 7 février 2026, date symbolique dans l’histoire constitutionnelle haïtienne, le président du CPT a présenté le dialogue comme « le meilleur chemin » pour éviter le chaos et les ruptures institutionnelles. Un message qui s’adresse autant aux acteurs politiques traditionnels qu’aux secteurs sociaux souvent marginalisés des processus décisionnels.

Le Conseil présidentiel de transition a par ailleurs réaffirmé son engagement à travailler de concert avec le gouvernement, les institutions nationales et les partenaires internationaux, proches comme lointains, afin de garantir la stabilité, la continuité de l’État et la mise en place d’un processus électoral « transparent, inclusif et crédible ». Le président du K
CPT a insisté sur la nécessité pour tous les acteurs de la vie nationale de jouer pleinement leur rôle dans un processus électoral déjà enclenché, tandis que l’exécutif et le Conseil poursuivraient leurs efforts pour renforcer la sécurité sur l’ensemble du territoire.

Si cette célébration a permis de réactiver le récit fondateur de 1804 et de projeter une volonté politique affichée, elle met également en lumière un décalage persistant entre le discours officiel et les réalités vécues par la population. À 222 ans d’Indépendance, Haïti demeure confrontée à une souveraineté fragilisée, à une dépendance sécuritaire et à une défiance profonde envers la classe politique. Les appels à l’unité et à la responsabilité collective, aussi légitimes soient-ils, ne pourront produire d’effets durables sans résultats tangibles sur la sécurité, la gouvernance et la lutte contre la corruption.

L’enjeu, désormais, est de savoir si les promesses réaffirmées lors de cette commémoration dépasseront le cadre symbolique pour s’inscrire dans des actes concrets capables de redonner sens, aujourd’hui, au combat pour la liberté engagé par les pères fondateurs de la nation.


0 commentaire

Laisser un commentaire

Emplacement de l’avatar

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *