Par la rédaction de Lawouze Infos
Dans un contexte national marqué par l’insécurité, la précarité économique et l’effritement des mécanismes de solidarité institutionnelle, le parti politique ASO (Alternative Socialiste) a organisé, ce jeudi 1er janvier 2026, une distribution de soupe, symbole de l’indépendance haïtienne, dans la commune de Kenscoff ainsi qu’au cœur de la capitale haïtienne, Port-au-Prince, notamment dans la zone de Fort National, ruelle Estimé. Une initiative à la fois sociale, politique et profondément symbolique.
Cette action s’inscrit dans une tradition haïtienne ancienne où la soupe, au-delà de sa dimension alimentaire, est porteuse de mémoire, de dignité et de résistance. Dans les quartiers ciblés, durement affectés par la violence armée, les déplacements forcés et la pauvreté, cette distribution a permis à des dizaines de familles de bénéficier d’un repas chaud dans un climat de partage et de proximité, rappelant du même coup le combat sans répit de ce pays et de ses habitants pour la liberté et la dignité.
Mais l’acte dépasse largement la simple assistance humanitaire. Cette initiative intervient dans un vide criant laissé par l’État, incapable d’assurer une présence sociale minimale dans plusieurs zones urbaines et périurbaines. En investissant ces espaces, l’ASO (Alternative Socialiste) se positionne comme un acteur politique cherchant à renouer avec une pratique de terrain, au contact direct des populations les plus vulnérables. Cela pose une question centrale : lorsque l’État se retire, qui prend le relais de la solidarité collective ?
Cette distribution de soupe prend une dimension mémorielle forte. En Haïti, la soupe est intimement liée aux luttes historiques, notamment à l’Indépendance, mais aussi aux moments de survie collective face aux crises. Offrir de la soupe aujourd’hui, dans des quartiers meurtris, c’est rappeler que la solidarité populaire reste un pilier de la résilience nationale. C’est aussi inscrire l’action politique dans une logique de proximité humaine plutôt que dans le discours abstrait.
Toutefois, cette initiative appelle également à la vigilance. La solidarité ne saurait se substituer durablement aux politiques publiques structurantes. Si ce geste mérite d’être salué pour sa portée humaine et symbolique, il rappelle surtout l’urgence de reconstruire un État capable d’assumer ses responsabilités sociales.
En ce sens, l’action de l’ASO s’inscrit déjà dans la mémoire collective comme un rappel puissant : même dans l’effondrement, Haïti continue de survivre par ses élans de partage, et la politique ne retrouve sa légitimité que lorsqu’elle se met au service concret des populations.

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