Par la rédaction de Lawouze Infos
Ce 12 janvier, les voix de nombreux acteurs haïtiens se sont élevées pour saluer la mémoire des victimes. Des personnalités politiques, des diplomates et des citoyens ont exprimé leur solidarité envers les survivants. Le Directeur général de la Police Nationale d’Haïti, Vladimir Paraison, a pris la parole pour saluer le courage du peuple haïtien. Il a rendu hommage aux policiers disparus ce jour-là, mais a aussi appelé à un combat pour un pays plus sûr et plus pacifique.
Le Conseiller-président Smith Augustin a également souligné la résilience du peuple haïtien en déclarant : “16 ans de recueillement et de mémoire. Force, courage et résilience d’un peuple debout.” Une déclaration empreinte d’espoir, mais qui met également en lumière les défis persistants de la nation.
Un bilan inquiétant : des promesses non tenues
Le journaliste et consultant Jean Wesley Pierre a offert une analyse crue de la situation actuelle : “16 ans après le séisme du 12 janvier 2010, Haïti porte toujours les cicatrices du passé. Les mêmes constructions anarchiques, sans supervision étatique, et l’incapacité de préparer un avenir sûr. Si un autre séisme frappe, ce sera encore des milliers de victimes.”
Ces mots résonnent comme un cri d’alarme : Haïti n’a pas appris de ses erreurs. Le pays continue de bâtir sans planification adéquate, sans respect des normes de sécurité, et sans le leadership nécessaire pour garantir la protection de ses citoyens face aux catastrophes naturelles. À ce jour, les failles sismiques du pays, telles que celles de l’Enriquillo et du Septentrional, représentent toujours une menace, mais la prévention et l’aménagement du territoire restent insuffisants, voire inexistants.
Un État en faillite : une gouvernance à repenser
Pour certains observateurs, le séisme de 2010 a révélé une faille profonde dans la gouvernance haïtienne. Djovany Michel, journaliste haïtien, rappelle que l’abandon du Palais national, symbole de l’autorité et de la souveraineté du pays, est le reflet d’une irresponsabilité d’État. Ce bâtiment, qui n’a toujours pas été reconstruit après 16 ans, incarne le détournement de fonds publics et la manque de vision des dirigeants haïtiens. “Reconstruire le Palais national avec l’argent public, au lieu de le détourner,” plaide Michel, un appel à une réforme urgente des institutions.
La jeunesse, porteuse de l’avenir
Malgré ce contexte lourd, des voix comme celle de Sterline Civile, ancienne directrice des affaires consulaires, appellent à un nouveau départ pour Haïti. Pour elle, la mission de sortir Haïti du cycle de catastrophes et d’improvisations doit revenir à la jeunesse haïtienne et à la diaspora, seuls capables de rompre avec le cynisme et l’indifférence des dirigeants actuels.
Un appel à l’action
En ce jour de commémoration, il est plus que jamais nécessaire de se souvenir des victimes, mais aussi de prendre conscience que le pays ne peut plus se permettre de vivre dans l’improvisation. Haïti doit sortir de l’impasse, reconstruire ses institutions, et préparer un avenir plus sûr pour ses citoyens. Les leçons du passé doivent impérativement être appliquées. Et pour cela, il est crucial que le peuple haïtien, accompagné de sa jeunesse, exige une gouvernance plus responsable et une action politique solide. Seize ans après le séisme, Haïti doit se relever. Mais ce n’est qu’en tirant les leçons du passé et en agissant avec responsabilité que cela sera possible.

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