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Par la rédaction de Lawouze Infos

Port-au-Prince, 29 janvier 2026 —
Le gouvernement américain a porté un coup sévère au Conseil présidentiel de transition (CPT) en imposant des sanctions à cinq des sept conseillers disposant du droit de vote, à seulement dix jours de l’échéance officielle du mandat de cette institution, prévue pour le 7 février 2026.

Les personnalités sanctionnées sont Fritz Alphonse Jean, Leslie Voltaire, Louis Gérald Gilles, Smith Augustin et Edgard Leblanc Fils. Ces mesures interviennent dans un contexte de fortes tensions politiques, marqué par la tentative de révocation du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, initiée par ces cinq conseillers à quelques jours de la fin de la transition.

Un Conseil désormais paralysé

Avec ces sanctions, le CPT se retrouve privé de la majorité de ses membres actifs, compromettant de facto sa capacité à fonctionner normalement. Cette situation plonge l’institution dans une paralysie politique, alors qu’elle est appelée à gérer les derniers jours de la transition.

Selon plusieurs observateurs, les décisions américaines ont eu pour effet de neutraliser toute possibilité d’aboutissement de la démarche visant à écarter le chef du gouvernement, en retirant toute légitimité politique aux initiateurs de cette initiative.

Une formule contestée jusqu’à son terme

Le Conseil présidentiel de transition, mis en place à la suite d’un accord politique soutenu par la communauté internationale — notamment les États-Unis et la CARICOM — devait incarner une solution consensuelle à la crise institutionnelle. Toutefois, les divisions internes et les récentes manœuvres politiques ont mis en évidence les limites de cette architecture de gouvernance, dont l’échec est aujourd’hui largement reconnu.

Les sanctions américaines apparaissent ainsi comme une désapprobation claire de la tentative de reconfiguration du pouvoir à la veille de la fin du mandat du CPT, perçue par Washington comme un coup de force inopportun dans un contexte déjà instable.

Deux conseillers épargnés

À ce stade, seuls Laurent Saint-Cyr, président du CPT, et Emmanuel Vertilaire n’ont pas été visés par les sanctions américaines. Leur position au sein du Conseil, dans une institution désormais affaiblie, reste cependant incertaine à l’approche de la date butoir du 7 février.

Quelles perspectives après le 7 février ?

Ces développements relancent les interrogations sur l’avenir immédiat de la gouvernance haïtienne. Plusieurs questions demeurent sans réponse :
— Le pays s’achemine-t-il vers un exécutif monocéphale, comme l’ont à plusieurs reprises souhaité certains acteurs de la communauté internationale ?
— Les forces politiques impliquées dans la tentative de recomposition du pouvoir auront-elles encore un rôle à jouer dans la prochaine phase de transition ?
— Ou seront-elles appelées à se repositionner en vue d’éventuelles élections ?
Selon des informations concordantes, la CARICOM, qui avait assuré la médiation lors de la mise en place du CPT, devrait organiser des échanges par visioconférence avec les parties prenantes afin d’évaluer la situation et d’explorer des pistes de sortie de crise.

À moins de deux semaines de la fin officielle du mandat du Conseil présidentiel de transition, Haïti se trouve une nouvelle fois confrontée à une zone d’incertitude politique, dans l’attente de décisions majeures susceptibles de redéfinir l’architecture du pouvoir exécutif.

Catégories : Politique

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