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Lawouze Info

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Port-au-Prince, le mercredi 11 mars 2026 —
Alors que le Conseil Électoral Provisoire (CEP) annonce l’enregistrement d’une centaine de partis et confirme la tenue du premier tour des présidentielles et législatives au 30 août 2026, une réalité territoriale embarrassante vient fissurer le bel édifice : 23 communes restent inaccessibles aux autorités, privant d’ores et déjà plus de la moitié de l’électorat de toute participation.

La mécanique électorale s’emballe

Le président du CEP, Jacques Desrosiers, affichait pourtant sa détermination cette semaine : respect strict du calendrier, liste officielle des partis le 26 mars, ouverture prochaine des inscriptions pour les candidats. Une mécanique bien huilée qui tourne à plein régime, comme si le pays vivait des heures paisibles.

Mais pendant que l’institution électorale coche ses échéances, les gangs, eux, consolident leurs positions. Trois départements, 23 communes, plus de la moitié des électeurs : le contraste entre la salle de contrôle du CEP et le terrain donne le vertige.

La Fusion pose une question gênante

Le parti Fusion des Sociaux-Démocrates Haïtiens, qui a choisi de s’inscrire dans le processus par nécessité politique, n’entend pas pour autant fermer les yeux. Dans un communiqué sans concession, la formation interpelle le CEP sur ce qu’elle nomme un “calendrier déconnecté”.

La question est simple : comment organiser des élections crédibles quand des pans entiers du territoire échappent à l’autorité de l’État ? Comment parler de démocratie quand des millions de citoyens sont, de fait, rayés des listes électorales par l’insécurité ?

Le temps joue contre le processus

Le parti rappelle un chiffre qui devrait obséder tous les stratèges électoraux : trois mois se sont écoulés depuis la publication du calendrier sans qu’aucune zone perdue n’ait été reprise. Trois mois pendant lesquels l’insécurité s’est installée comme une normalité.

Face à cette réalité, la Fusion ne réclame pas l’abandon du processus, mais son ajustement. Un calendrier flexible, agile, indexé sur les progrès sécuritaires réels, pas sur des vœux pieux. Elle appelle le CEP à assumer ses responsabilités en adaptant les activités critiques à la situation du terrain.

Une équation insoluble ?

Le dilemme est cruel : reporter les élections, c’est prolonger une crise institutionnelle qui ronge le pays ; les maintenir dans les conditions actuelles, c’est organiser un scrutin mutilé, excluant, potentiellement source de nouvelles contestations.

La réponse du CEP à cette interpellation dira si l’institution électorale mesure pleinement l’ampleur du défi. Entre l’urgence politique et l’impossibilité matérielle, il n’y a pas de bonne solution, mais il y a des choix responsables. La Fusion vient de rappeler lesquels.


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