Par la rédaction de Lawouze Infos
Port-au-Prince, le samedi 17 janvier 2026 —
L’inauguration du nouveau local du ministère des Affaires étrangères (MAE), intervenue lundi dernier, s’accompagne de révélations préoccupantes sur les conditions de son acquisition. Selon une source interne au ministère, l’immeuble, connu sous le nom de Gala Tower, aurait été acheté pour un montant dépassant 13 millions de dollars américains auprès de Garaudy Laguerre, alors que sa valeur réelle serait estimée à environ 9 millions de dollars américains. Cet écart significatif alimente les interrogations sur la rationalité financière et la transparence de l’opération.
D’après les informations disponibles, la transaction aurait été réalisée avec l’implication directe du ministre des Affaires étrangères, Jean Victor Harvel Jean-Baptiste, et du ministre de l’Économie et des Finances, Alfred Fils Metellus. Des sources évoquent un contexte marqué par des ristournes et des arrangements financiers illicites, dans un pays où les finances publiques sont déjà sous forte pression. À ce stade, ces éléments relèvent d’allégations, mais leur gravité impose un examen approfondi par les institutions de contrôle de l’État.
Sur le plan administratif et légal, l’opération pose également problème. Selon plusieurs observateurs, l’acquisition de la Gala Tower se serait faite sans évaluation officielle préalable, en violation des règles de la comptabilité publique et des procédures en vigueur pour toute acquisition immobilière engageant des fonds publics. Or, l’absence d’expertise indépendante prive l’État de garanties essentielles quant au juste prix du bien et ouvre la voie à des pratiques opaques, voire abusives.
Au-delà du cas spécifique du MAE, cette affaire illustre les faiblesses structurelles de la gouvernance publique en Haïti, notamment en matière de gestion des ressources financières et de reddition de comptes. Dans un contexte de crise économique aiguë, où chaque dollar public est crucial pour répondre aux besoins fondamentaux de la population, une telle transaction, si elle est confirmée dans ces conditions, interroge sur les priorités de l’État et sur le respect des principes de bonne gestion.
Face à ces zones d’ombre, des voix s’élèvent pour réclamer des clarifications officielles, la publication des documents relatifs à l’achat et, le cas échéant, l’ouverture d’audits indépendants. La transparence autour de cette acquisition apparaît désormais comme un impératif, non seulement pour établir les responsabilités éventuelles, mais aussi pour restaurer un minimum de confiance dans l’action publique et dans la gestion des fonds de l’État.

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