Le Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) a publié son dernier rapport couvrant les deux derniers mois. Selon ce document, plusieurs zones de la région métropolitaine de Port-au-Prince, notamment certains quartiers de Carrefour et les localités environnantes de Kenscoff, ont été la cible d’attaques répétées menées par la coalition de gangs armés « Viv Ansanm ».
L’organisme international rapporte qu’au moins 262 personnes ont été tuées – dont 115 civils et 147 membres de gangs – et 66 autres blessées (59 civils et 7 membres de gangs), entre le 27 janvier et le 27 mars 2025. Ces violences ont eu des conséquences graves sur la population haïtienne.
Par ailleurs, le BINUH et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) révèlent qu’entre le 1er janvier et le 27 mars 2025, au moins 1 518 personnes ont été tuées et 572 blessées en Haïti, dans le contexte d’attaques répétées de la coalition « Viv Ansanm », malgré les opérations des forces de sécurité, les actes de violence de groupes d’autodéfense, ainsi que ceux de membres non organisés de la population.
Toujours selon ces organismes, huit membres des forces de sécurité ont également été tués et quatre autres blessés lors de ces attaques. Les gangs ont fait preuve d’une violence extrême, semant la terreur dans la région métropolitaine de Port-au-Prince et ses environs. Des hommes, des femmes et des enfants ont été assassinés à l’intérieur de leurs maisons, tandis que d’autres ont été attaqués sur les routes et sentiers alors qu’ils tentaient de fuir, y compris un nourrisson, selon la note du BINUH.
Le rapport indique également que certains corps ont été brûlés vifs. Des violences sexuelles ont été perpétrées contre au moins sept femmes et jeunes filles. De nombreuses maisons ont été saccagées et plus de 190 incendiées, forçant plus de 3 000 personnes à fuir leurs localités. Cette vague de violence continue de fragiliser la population haïtienne.
Le 27 janvier, près de cinq heures après le début des attaques, les agents de la Police nationale d’Haïti (PNH), les Forces armées d’Haïti (FAd’H) et la Mission multinationale de soutien à la sécurité ont tardé à se déployer pour contrer les assauts, notamment dans les localités de Belot, Bois d’Avril et Godet, attaquées le matin du 3 février.
Malgré les déclarations du Premier ministre et du ministre de la Justice et de la Sécurité publique affirmant que les autorités disposaient d’informations sur la préparation de ces attaques plusieurs jours à l’avance, cela pourrait souligner un manque de coordination entre la direction de la police nationale et le gouvernement. Certaines instructions ministérielles émises en réponse à ces événements pourraient être interprétées dans ce sens.
Située au sud de Port-au-Prince, la commune montagneuse de Kenscoff revêt une importance stratégique, car elle surplombe Pétion-Ville, où se trouvent de nombreuses institutions publiques, banques, zones commerciales et ambassades.
Lawouze Info

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