Par la rédaction de Lawouze Infos
Danemark / USA, le 8 janvier 2026 —
Les forces armées danoises stationnées au Groenland disposent d’un cadre légal clair les autorisant à faire usage de leurs armes en cas de menace directe contre le territoire. Selon des informations rapportées par le quotidien danois Berlingske, les soldats ont l’ordre de riposter à toute attaque, quelle qu’en soit l’origine, y compris si elle provenait de forces américaines ou russes.
Cette règle d’engagement, souvent méconnue du grand public, ne constitue pourtant pas une nouveauté. Elle s’appuie sur un décret royal datant de 1952, adopté dans le contexte de la guerre froide, qui établit le droit et le devoir des forces danoises de défendre le Groenland contre toute agression extérieure. Ce cadre juridique est toujours en vigueur aujourd’hui.
Un changement de contexte géopolitique majeur
Si ce dispositif existait depuis plusieurs décennies, son évocation dans la presse danoise prend désormais une résonance particulière. Il y a encore quelques années, l’hypothèse d’un affrontement armé entre soldats danois et militaires américains aurait semblé totalement inconcevable, voire absurde, tant l’alliance entre Copenhague et Washington paraissait solide et incontestable.
Cependant, le contexte géopolitique a évolué. Les déclarations répétées de Donald Trump sur le Groenland qu’il avait publiquement évoqué comme un territoire que les États-Unis pourraient acheter ont profondément modifié les perceptions stratégiques. Ce changement de paradigme a ouvert un débat inédit sur la souveraineté, la sécurité et la défense de cette île arctique stratégique.
Dans ce nouveau climat d’incertitude, les autorités danoises prennent au sérieux tous les scénarios, même ceux qui auraient été inimaginables par le passé.
Des forces en alerte, mais des capacités limitées
Selon plusieurs observateurs, les militaires danois déployés au Groenland auraient déjà été briefés sur ces règles d’engagement et sur les scénarios de crise possibles. Des préparatifs défensifs seraient en cours, dans la limite des moyens disponibles.
Toutefois, une réalité s’impose : le Danemark, seul, ne dispose pas des capacités militaires suffisantes pour assurer durablement la défense du Groenland face à une puissance majeure. L’immensité du territoire, les conditions climatiques extrêmes et l’importance stratégique de la région rendent toute défense strictement nationale difficilement soutenable à long terme.
Vers une dissuasion européenne ?
C’est dans ce contexte que la question d’une implication européenne plus large refait surface. La France plaide depuis quelque temps pour une initiative militaire européenne visant à renforcer la sécurité du Groenland et, plus largement, la présence européenne dans l’Arctique. Jusqu’à présent, Copenhague s’est montrée réticente à cette option, privilégiant une approche strictement nationale et atlantique.
Mais cette position pourrait évoluer. La pression croissante de Washington, combinée aux tensions géopolitiques en Arctique et à la rivalité entre grandes puissances, pourrait pousser le Danemark à reconsidérer une coopération militaire européenne élargie.
Un enjeu stratégique au-delà du Danemark
La question de la défense du Groenland dépasse aujourd’hui largement le cadre danois. L’île représente un enjeu stratégique majeur en matière de routes maritimes, de ressources naturelles et de positionnement militaire dans l’Arctique. Sa sécurité concerne directement l’Europe, l’OTAN et l’équilibre des puissances dans la région.
Dans ce contexte, de plus en plus de voix appellent à un soutien renforcé au Danemark et à la mise en place d’une dissuasion collective à l’échelle européenne. Une telle démarche marquerait un tournant significatif dans la politique de défense de l’Union européenne, mais aussi dans la manière dont les alliés occidentaux appréhendent la sécurité dans le Grand Nord.

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