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Enlèvement de deux journalistes à Port-au-Prince : l’impuissance criante d’un gouvernement qui promettait la sécurité

Par la rédaction de Lawouze Infos

Port-au-Prince, le lundi 16 mars 2026 — Ils étaient partis couvrir les opérations policières. Ils sont devenus les otages des gangs. Ce vendredi 13 mars 2026, les journalistes Junior Célestin (Radio Télévision Megastar) et Sonel Espérance (Radio Uni FM) ont été enlevés par des hommes armés de la coalition criminelle “Viv Ansanm” alors qu’ils effectuaient un reportage dans le bas de la ville de Port-au-Prince, non loin du Stade Sylvio Cator.

Trois jours plus tard, le silence des autorités assourdit davantage que les explosions qui secouent la capitale. À 17h40 ce lundi, les familles des deux reporters restaient sans aucune nouvelle de leurs proches. La direction de Radio Uni FM a confié sur les ondes de Radio Caraïbes que “les nouvelles ne sont pas rassurantes” .

L’Association des Journalistes Haïtiens (AJH) a immédiatement réagi, condamnant fermement “cet acte criminel” et exigeant la libération immédiate des deux confrères. L’association rappelle que les journalistes, “piliers essentiels de la démocratie”, ne sauraient être pris pour cible dans l’exercice de leur mission.

Cet enlèvement n’est malheureusement pas un cas isolé. Il survient au lendemain d’une tentative d’intrusion au domicile de Marvel Dandin, directeur de Radio Kiskeya, à Pétion-Ville . Depuis 2022, Haïti est devenue l’une des nations les plus meurtrières pour la presse, avec au moins six journalistes tués cette année-là et plusieurs autres enlevés en 2023 et 2024.

Face à cette situation, le gouvernement reste muet. Pourtant, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé avait fait de la lutte contre l’insécurité son principal cheval de bataille. Après plus de seize mois au pouvoir, aucune solution concrète n’a émergé. Pendant ce temps, les gangs continuent de violer, voler et tuer en toute impunité, étendant leur emprise sur des zones entières de la capitale.

Les journalistes Junior Célestin et Sonel Espérance ne sont pas seulement deux noms ajoutés à la longue liste des victimes de l’insécurité. Ils incarnent le visage d’une profession sacrifiée sur l’autel de l’impuissance étatique. Leur sort est désormais suspendu à la bonne volonté de criminels, faute d’une autorité capable de les protéger ou de les libérer.

Catégories : Atualités

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