Par la rédaction de Lawouze Infos
Port-au-Prince, 27 octobre 2025 — Le climat politique s’envenime encore autour du Conseil présidentiel de transition (CPT). Intervenant ce lundi sur Radio Métronome, le professeur et homme politique Sauveur Pierre-Étienne a vivement critiqué la gestion du pouvoir transitoire et exigé l’arrestation immédiate des trois conseillers-présidents inculpés pour corruption par l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC).
Selon lui, la Police nationale d’Haïti (PNH) aurait dû agir dès la publication du rapport de l’ULCC, estimant qu’il n’y a “aucune raison légale ni morale” pour que les responsables mis en cause continuent d’occuper leurs fonctions.
« Les trois conseillers inculpés auraient dû être arrêtés immédiatement. En refusant d’agir, on banalise la corruption et on décrédibilise davantage l’État », a déclaré le leader de l’Organisation du Peuple en Lutte (OPL).
Critique frontale contre ses pairs du CPT
Sauveur Pierre-Étienne n’a pas mâché ses mots à l’égard de ses collègues politiques, notamment Edgard Leblanc Fils, également membre de l’OPL et conseiller au sein du CPT.
Il accuse ce dernier et d’autres membres du Conseil de “cautionner les dérives” d’une équipe “déjà minée par le scandale et le discrédit”.
« Ces gens sont des cadavres politiques. Ils doivent partir le 7 février 2026, s’ils veulent éviter de subir le supplice du bwa kale », a-t-il lancé dans un ton particulièrement virulent.
Un avertissement sur fond de tensions politiques
L’ancien candidat à la présidence a mis en garde le CPT contre toute tentative de prolongation de son mandat au-delà du 7 février 2026, date prévue pour la fin de la transition.
S’il persiste dans sa démarche visant à former un nouveau gouvernement pour consolider son pouvoir, Sauveur Pierre-Étienne estime que le pays pourrait être plongé dans une crise majeure.
« Si le CPT continue sur cette voie, Haïti risque un véritable tsunami politique », a-t-il averti, appelant les forces démocratiques et la société civile à se mobiliser pour empêcher toute confiscation du pouvoir.
Un contexte de crise de légitimité
Les déclarations du professeur Pierre-Étienne interviennent dans un contexte où le CPT fait face à une forte contestation. Plusieurs organisations politiques et sociales réclament la démission ou le renouvellement du Conseil, alors que des accusations de corruption, de trafic d’influence et de mauvaise gestion éclaboussent plusieurs de ses membres.
Le rapport de l’ULCC, rendu public récemment, aurait identifié des irrégularités graves dans la gestion de fonds publics et l’octroi de contrats sans appel d’offres. Pour l’instant, aucune mesure judiciaire concrète n’a encore été prise contre les conseillers mis en cause.

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