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Par la rédaction de Lawouze Infos

Après plus de dix-huit mois passés à la tête de l’exécutif haïtien, le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) admet enfin son incapacité à redresser la situation du pays. Deux de ses membres, Laurent Saint-Cyr et Emmanuel Vertiliare, ont reconnu publiquement, ces derniers jours, l’échec de la transition, tout en rejetant une partie de la responsabilité sur la communauté internationale, accusée de « n’avoir rien fait » pour soutenir le processus.

Lors de leurs interventions respectives, les deux conseillers ont indiqué qu’ils quitteraient leurs fonctions le 7 février 2026, date prévue pour la fin du mandat du CPT. Cependant, aucun d’eux n’a annoncé sa démission immédiate, malgré les critiques croissantes sur leur gestion jugée inefficace.

Depuis son installation en avril 2024, le CPT avait pour mission principale de rétablir la sécurité, relancer les institutions démocratiques et organiser des élections générales. Dix-huit mois plus tard, ces objectifs restent lettre morte. Les gangs continuent d’étendre leur emprise sur la capitale, l’administration publique demeure paralysée, et aucun calendrier électoral n’a encore été publié.

Plusieurs observateurs dénoncent également la gestion financière du Conseil. Selon des estimations internes relayées par des sources proches du ministère de l’Économie, le fonctionnement du CPT aurait coûté plus d’un milliard de gourdes à l’État haïtien en un an, sans résultats concrets sur le terrain.

De nombreux acteurs politiques et membres de la société civile rappellent par ailleurs que le Conseil, une fois installé, a rapidement écarté plusieurs clauses de l’accord du 3 avril 2024, notamment celles prévoyant une participation élargie des forces vives du pays et un contrôle parlementaire temporaire.

Face à la crise généralisée, les déclarations des deux conseillers ont suscité des réactions partagées.
Certains saluent leur franchise, tandis que d’autres y voient une tentative de se dédouaner avant la fin du mandat. « C’est trop facile de blâmer la communauté internationale après avoir échoué à gouverner », commente un analyste politique.

À moins de quatre mois de la fin de son mandat, le CPT semble désormais isolé, affaibli et contesté. La population, de plus en plus méfiante, réclame des comptes et s’interroge sur la suite du processus de transition, dans un pays toujours sans gouvernement élu et miné par l’insécurité.


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