Par la rédaction de Lawouze Infos
Port-au-Prince / Washington, 28 janvier —
La tentative de révocation du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé continue de provoquer de fortes secousses sur la scène politique haïtienne, tout en entraînant des répercussions diplomatiques majeures. En l’espace de quelques jours, cinq hauts responsables haïtiens, dont plusieurs membres du Conseil présidentiel de transition (CPT) et un ministre en fonction, ont été visés par des sanctions américaines, dans un contexte de tensions accrues au sommet de l’État.
Dans un communiqué publié ce mercredi 28 janvier, le Département d’État des États-Unis a annoncé des sanctions contre trois nouvelles personnalités haïtiennes : deux conseillers présidentiels du CPT et un membre du gouvernement. Selon les autorités américaines, ces responsables ne sont pas sanctionnés pour des liens directs avec des gangs armés, mais pour des actions jugées favorables à la poursuite des activités de groupes criminels, dont certains sont désormais classés par Washington comme organisations terroristes étrangères.
Nature des sanctions
Les mesures ont été prises en vertu de l’article 212(a)(3)(C) de l’Immigration and Nationality Act (INA). Elles comprennent des restrictions de visa, ainsi que la révocation de visas déjà accordés. Le Département d’État précise que les membres des familles des personnes sanctionnées ne sont pas concernés par ces dispositions.
Ces nouvelles sanctions s’ajoutent à celles annoncées quelques jours plus tôt, portant à cinq le nombre total de conseillers présidentiels du CPT sanctionnés dans cette séquence politique. Fritz Alphonse Jean, déjà sanctionné depuis l’année dernière, figure parmi les personnalités visées dans ce cadre élargi.
Une séquence politique sous haute tension
Le 25 janvier dernier, deux membres du CPT, Edgard Leblanc Fils et Louis Gérald Gilles, avaient déjà été sanctionnés par Washington pour des soupçons de connivence avec des gangs armés. Ces décisions s’inscrivent dans la stratégie américaine visant à accroître la pression sur les acteurs politiques accusés de compromettre la stabilité et la sécurité d’Haïti.
Selon des informations relayées par plusieurs sources, les deux conseillers présidentiels récemment sanctionnés seraient Smith Augustin et Leslie Voltaire, tous deux signataires de la résolution visant à écarter le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Toutefois, aucune confirmation officielle n’a encore été publiée par les autorités américaines concernant leurs identités.
Le ministre Alfred Fils Metellus, pressenti pour succéder à Alix Didier Fils-Aimé à la tête du gouvernement, serait quant à lui le seul membre du cabinet directement touché par cette nouvelle vague de sanctions.
Une résolution toujours en suspens
Ces développements surviennent alors que la résolution adoptée par cinq membres du CPT en vue de révoquer le chef du gouvernement n’a toujours pas été publiée dans Le Moniteur, journal officiel de la République. Le président du CPT, Laurent Saint-Cyr, continue de s’opposer à tout changement à la tête de la Primature, à l’approche du 7 février, date hautement symbolique dans le calendrier politique de la transition.
Un message politique de Washington
À travers cette série de sanctions, les États-Unis envoient un signal politique clair aux autorités de transition haïtiennes : toute décision ou manœuvre politique perçue comme susceptible de favoriser l’instabilité institutionnelle ou l’insécurité pourrait entraîner des conséquences diplomatiques immédiates.
Cette position renforce la pression sur le CPT et le gouvernement, alors que la crise sécuritaire, politique et institutionnelle demeure profonde, et que l’avenir de la transition reste marqué par de fortes incertitudes.

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