Par la rédaction
Karibe Convention Center, ce lundi 20 avril 2026 – En cette Journée nationale de la Diaspora, placée sous le thème « Ayiti, Sekirite, Eleksyon : Dyaspora a ap patisipe pou kore estabilite », la ministre à la Condition féminine et aux Droits des femmes, Pedrica Saint Jean, a livré un discours résolument tourné vers l’avenir. Face à une assistance nombreuse, elle a exhorté les Haïtiens établis à l’étranger à ne plus rester en marge des destinées du pays.
« Sans la diaspora, l’économie haïtienne aurait déjà vacillé », a martelé la ministre, rappelant que les transferts de fonds représentent une part essentielle du PIB national. Mais au-delà de cet apport financier, Pedrica Saint Jean a tenu à saluer un autre pilier trop souvent ignoré : l’engagement discret des femmes de la diaspora, qui, de Montréal à Miami, de Paris à Santiago, tiennent des réseaux d’entraide, financent des écoles, soutiennent des coopératives et maintiennent vivant le lien avec la terre natale.
« Votre engagement est une richesse pour la nation, a-t-elle affirmé. Votre leadership est indispensable. Votre participation politique n’est pas une faveur que l’on vous accorde : c’est un droit légitime que nous devons collectivement promouvoir et garantir. »
Une déclaration qui résonne comme un plaidoyer en faveur d’une plus grande représentation des Haïtiens de l’extérieur dans les instances de décision, alors que le pays traverse une crise sécuritaire et politique profonde. La ministre n’a d’ailleurs pas éludé les défis : sécurité défaillante, calendrier électoral incertain, fermeture de l’aéroport… Autant de freins qui empêchent aujourd’hui de nombreux membres de la diaspora de revenir ou d’investir sereinement.
Pourtant, Pedrica Saint Jean veut croire à un sursaut collectif. « Cette journée ne doit pas être une simple formalité. Elle doit marquer le début d’une nouvelle alliance entre Haïti et ses enfants du large. »
La cérémonie, organisée sous l’égide du Ministère des Haïtiens vivant à l’étranger (MHAVE), s’est achevée sur une note d’espoir, la ministre quittant la salle sous les applaudissements nourris des femmes de la diaspora, ravies d’entendre enfin un discours qui ne les réduit pas à leur seul portefeuille.

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